Comment fonctionne le désenfumage ?

En cas d’incendie se produisant dans un bâtiment, les fumées et les chaleurs produites peuvent s’accumuler par défaut d’évacuation. Ces fumées par leur toxicité peuvent davantage compromettre la survie des occupants, en les asphyxiant, plus que l’incendie lui-même. Qu’il soit naturel ou mécanique, c’est le désenfumage qui va décharger une partie des fumées et des gaz de combustion. Une solution anti-incendie qui peut s’avérer vitale et qui est parfois obligatoire. 

Qu’est-ce que le désenfumage ?

Le désenfumage est un système consistant à évacuer les fumées et les gaz de combustions vers l’extérieur. Il crée alors des zones sans fumées. Ce qui permet une meilleure évacuation des occupants en libérant les issues de secours. Il protège entre autres la cage d’escalier, les couloirs et le hall d’entrée.  Par la même foulée, il facilite l’accès des pompiers et leur intervention. Ceux-ci pourront localiser plus rapidement le foyer de l’incendie. En addition, la sortie de la chaleur va réduire la température et limiter la propagation de l’incendie en évitant un risque d‘embrasement. En effet, à forte température, les matériaux de construction peuvent fondre et c’est ce qui provoque l‘effondrement du bâtiment. 

Le désenfumage s’intègre dans le plan de défense contre les incendies. En fonction des pays, les dispositions légales peuvent varier. Le désenfumage est souvent prescrit pour les grands bâtiments accueillant des centaines de personnes. À plus de mille occupants, il est obligatoire. Il existe deux types de système de désenfumage : naturel et mécanique. Le principe reste le même, on évacue les fumées d’un côté et on apporte de l’air neuf de l’autre. Plus de détails sur securite-incendie.info.

Comment fonctionne le désenfumage naturel ? 

Le terme exact pour désigner le désenfumage naturel est dispositif d’évacuation naturelle de fumées et de chaleur (DENFC). Il fonctionne par le principe du tirage thermique naturel ou l’effet cheminé. Une fois le système activé, manuellement ou par un détecteur d’incendie autonome, les fumées passent vers l’extérieur par l’intermédiaire d’ouvertures situées en hauteur. En parallèle, l’air frais entre plus bas grâce à une dépression générée par l’évacuation et fait remonter la couche de fumée. Réalisant ainsi un balayage de l’espace donnant le niveau d’oxygène et la visibilité nécessaires pour permettre la sortie des éventuels occupants. 

Les exutoires de désenfumage se situent dans le toit ou sont encastrés dans la façade des murs. Pour davantage d’efficience, ils sont aidés par des écrans de cantonnement qui vont s’abaisser afin de canaliser et d’empêcher les fumées de se propager. En dehors d’un incendie, un DENFC peut aussi servir de système de ventilation ou fournir une lumière naturelle supplémentaire. Ce système est préconisé pour les locaux à un seul niveau.      

Et le désenfumage mécanique ?

Le système de désenfumage mécanique fonctionne grâce à des aérateurs électriques et à des conduits d’évacuation où sont intégrés des volets de désenfumage au fil des étages. Si un incendie survient dans un étage donné et que le signal d’alarme est enclenché, le volet coupe-feu qui correspond à cet étage va s’ouvrir. L’aérateur situé sur le toit va lui aussi se mettre en marche automatiquement pour aspirer l’air le long du conduit. Pendant ce temps, les volets des étages épargnés restent fermés pour limiter la progression des fumées. En règle générale, il existe un autre conduit qui sera chargé d’amener l’air frais avec l’aide de ventilateurs. 

Tout ce mécanisme est régulé par un point de commande électrique qui couvre l’ensemble du bâtiment. Le système de désenfumage mécanique a le mérite d’être plus performant qu’un désenfumage naturel puisqu’il ajoute en puissance. Et par conséquent, il évacue de plus grands volumes de fumées. Tout comme le désenfumage naturel, le désenfumage mécanique procure une ventilation quotidienne. Si, installé dans un parking, il pourra même évacuer les gaz toxiques d’échappement.    

Comment choisir entre les deux ?

Généralement pour tout système de désenfumage, sa prescription et sa mise en place se réalisent après une évaluation minutieuse accompagnée de calculs. Cette analyse doit être réalisée par des techniciens spécialisés. Une fois installé, un système de désenfumage fera ensuite l’objet de test répondant aux normes applicables et s’en suivra une maintenance annuelle. Naturel ou mécanique, voire les deux, le système choisi devra être en fonction des caractéristiques du bâtiment comme son type, sa géométrie ou son emplacement. Ce choix va également dépendre du climat extérieur. Le désenfumage naturel n’est par exemple pas recommandé pour un local soumis à de forts vents. Ce qui n’est pas le cas pour un désenfumage mécanique, car celui-ci résiste aux intempéries et à tout type de climat. Un bâtiment de plusieurs étages, lui, demandera une évacuation mécanique. C’est le cas pour les immeubles et les hôtels. Si le bâtiment dépasse les vingt étages, un tout autre système spécialisé est nécessaire. Il s’agit d’une version plus complexe du désenfumage mécanique : les systèmes à pression différentielle. Le dit système joue alors sur la régulation de la pression de l’air. Quoi qu’il en soit, la meilleure des solutions reste toujours de consulter des professionnels expérimentés pour garantir la conformité de votre système. 

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